Un C, un J, un B, nous sommes champions !

Vertou – Bouguenais – 19-22.

Il y avait le jour et la nuit. Il y avait le feu et la glace. Samedi, il y a eu Vertou-Bouguenais.

C’était la fin de la saison. Une der des ders au pays du muscadet.

Côté objectif, l’idée était simple : gagner, envers et malgré Vertou. Il faut dire que c’est une idée fixe pour notre équipe qui manque d’expérience en terme de défaite. Jugez plutôt : depuis janvier (début de la seconde phase) les voilà à 9 matchs sans défaite, soit 9 points d’avance sur le second. Autrement dit, à Vertou, ils visaient le parcours sans faute. Le plein de points. Soit une opération sans détail : 10 matchs 10 victoires 30 points. Facile comme calcul mental, non ? Et si les supporters avaient fait le déplacement, ce n’était pas pour réviser leurs tables de multiplication. C’était pour applaudir une victoire. Notez qu’ils étaient venus en nombre pour assister au sacre, dans un bus plein... Mais non, je plaisante, nous étions une dizaine mais multipliez par 3 pour l’ambiance dans la salle ! C’est ce qu’on peut appeler une bonne dizaine.

etirementsAlors, imaginez ce que l’idée de perdre ce dernier match pouvait représenter. D’accord, rien de catastrophique mais quelque chose comme une marque noire sur un mur que vous venez tout juste de peindre d’un blanc magnifiquement pur. Dans le genre « tache ».

Pourtant, on le savait : Vertou était une de ces équipes de la poule qui pouvait nous battre. Avec un 25-23, le match aller s’était joué à rien. On a beau être averti, la première mi-temps a été très désagréable. Vertou réussissait à nous faire croire qu’ils allaient nous gâcher ce beau parcours. Du côté de Bouguenais, on voyait orange : des erreurs de passe honnêtement ridicules, des tirs aux buts en forme de trajectoires de ballon de rugby, des approximations dans la défense, une lenteur de fin de saison, une faute de placement de pied sur un penalty... Vertou prenait confiance et s’ouvrait plusieurs phases euphoriques pour terminer la mi-temps avec 4 buts d’avance mérités (12-8).

Côté démocratie, rien à dire : aucun des joueurs orange n’échappait aux maladresses. Heureusement, Neil, Edgard et Mathis arrivaient à marquer les 8 buts qui permettaient de rester dans le match. Pour Vertou, il semblait possible de terminer en beauté en se ‘‘payant’’ le leader dans un paquet cadeau. Dans les tribunes, les supporters voyaient le reste du match d’un mauvais œil.

Et que s’est-il passé dans le vestiaire ? Parions que le coach leur a enlevé toute pression en leur disant qu’il n’y avait plus d’enjeu et qu’ils n’avaient plus qu’à se prendre en charge. Compte tenu de la première mi-temps indigne de l’équipe, c’était l’orgueil des joueurs qu’il fallait toucher. Jouer de cette manière, c’était la glace au mois de mai, la grêle au 14 juillet, la mouche dans le lait.

Et bien, on a vu ce qu’on a vu. En remettant les pieds sur le terrain, les oranges voyaient rouge. Il y avait de la vexation dans l’air et des visages passés en mode guerriers.

On n’a pas attendu longtemps. On n’a même pas attendu du tout. Bouguenais a littéralement pris Vertou à la gorge par un 3-0 explosif en moins de 2 minutes qui les ramenait à 1 point. Vertou parvenait alors à réagir mais à partir de 11-14 (6ème minute), les voilà dans une mauvaise passe de 10 minutes sans marquer un seul but. La 13ème minute fut exaltante : 15-16, Bouguenais passait devant. Le beau jeu et les bons joueurs étaient de retour : une défense, une attaque, une rapidité et un regard global sur le jeu. Que ça peut être simple, le hand-ball. On aurait dit qu’il y avait une mauvaise mi-temps à racheter. Thibaud faisait des arrêts à dégoûter le vertavien. Tomasz retrouvait le cadre des buts. Neil perforait la défense et nous servait en dessert deux buts venus de la planète mars. Hugo, Arthur et Matéo s’y mettaient à leur tour. Et l’équipe entière participait au festival : Simon, Laïs, Nicolas, Mathis. Même Thomas et Antoine absents semblaient présents pour ce feu d’artifice !

Ce match à double face met un terme à la saison de cette belle équipe encadrée par Laurent, Louis et Alex. Il vient s’ajouter à la collection de ces victoires gagnées sur le fil du rasoir : à domicile contre Orvault (24-21), Vertou (25-23), Chateaubriant (23-21) ou à l’extérieur contre Orvault (21-24), Rezé (21-23). Plus encore que autres matchs gagnés facilement, c’est dans ces situations extrêmes que nos joueurs continent à apprendre un hand-ball où se mêlent la technique, la créativité et le mental. Dans ces moments de tension, tout se joue à coup de psychologie collective.

salut

Voilà un titre qui couronne un parcours en pleine dynamique. On le sentait d’ailleurs pendant ce match : c’est comme si la saison prochaine avait déjà commencé. Au coup de sifflet final, la joie des joueurs faisait plaisir.

equipe14g02

Au moment de se regrouper tous ensemble en une mêlée survoltée, ils ont changé leur cri de guerre traditionnel en cri de victoire : « Un C, un J, un B, nous sommes champions ! »

RV